Murilo Cardoso de Castro

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Beaufret: O evento instaurador da ciência moderna

segunda-feira 29 de maio de 2017

        

L’événement le plus extraordinaire de l’histoire   de la pensée est ici le prodigieux renversement qui, sous l’invocation de Platon  , institue en prolégomène de la science   ce qui, pour Platon, n’était cependant encore qu’un degré inférieur du savoir, à savoir les ou plutôt la mathématique. Le virage   qui s’annonce   de loin s’effectue thématiquement avec Galilée. C’est lui qui a « rompu la glace », dit Leibniz  . Impossible, dit Galilée, de comprendre   un seul mot   à ce que nous dit la nature  , si l’on n’entend pas la langue qu’elle nous parle : elle nous parle, en effet  , in lingua matematica. Galilée écrit cela dans son Saggiatore de 1623, c’est-à-dire quatorze ans avant le Discours   de la méthode qui dit la même chose  , non plus en italien, mais en français. Pour Aristote  , la science de la nature  , qui est philosophie   seconde, suppose une philosophie première. Or Galilée dit le plus clairement du monde   que la philosophie première de la physique  , c’est la mathématique. Avec Aristote, la nature parle la langue de l’energeia   telle qu’elle suppose le dédoublement hylémorphique de l’eidos  , platonicien. Maintenant, elle parle mathématique. Sa douce langue natale, c’est même, dira Descartes  , l’algèbre plus que la géométrie (Entretien   avec Burman, éd. Boivin, p. 122), car l’algèbre est finalement la langue universelle des mathématiques. Descartes, bien sûr, n’est pas si clair. Il y a   pas mal   de distance   entre   son projet   et la réalisation qu’il en fait  . Pour ce qui est des réalisations, il reste plus proche de Bacon qu’il ne préfigure Newton   et les Principes de la philosophie, cela reste un peu la Cour des miracles. Pascal  , dans ce domaine   comme dans quelques autres, est certainement plus lucide. Mais, comme dira Valéry, c’est Descartes qui a « battu le tambour » (Tel quel, II, p. 20). Ce tambour battant au son duquel la science moderne ne cesse d’avancer, c’est le Discours de la méthode. (excertos de Jean Beaufret  , Dialogue avec Heidegger III)


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